06 octobre, 2026

Erik JOHANSSON, le maître de la photographie surréaliste et de l'impossible

Suédois né en 1985 et résidant à Prague, Erik Johansson est un artiste visuel et photographe hors du commun. Loin de se contenter de capturer le monde tel qu’il est, il utilise son appareil photo et sa maîtrise du numérique pour bâtir des univers surréalistes d’une crédibilité saisissante. Ses œuvres ressemblent à des photographies de paysages tout à fait ordinaires au premier regard, avant de révéler des paradoxes visuels troublants et poétiques.

Capturer l'impossible avec réalisme

Là où la plupart des artistes du numérique ont recours à l'imagerie générée par ordinateur ou à des banques d'images, Erik Johansson pose des règles extrêmement strictes d’un puriste invétéré.

Tous les éléments qui composent ses œuvres proviennent de ses propres prises de vue, donc aucune image conçue par l’IA.

Pour que l'illusion fonctionne, la lumière, les perspectives et les textures doivent concorder parfaitement : Johansson a le souci obsessionnel du détail. S'il a besoin d'intégrer un morceau de ciel déchiré ou une route qui se déroule comme un tapis, il va physiquement capturer des fragments réels qui reproduisent exactement l'effet recherché.

Le processus de création : un travail d'orfèvre

En raison de cette exigence technique, le rythme de production de l’artiste est très lent : il ne crée généralement que 6 à 8 œuvres personnelles par an.

Chaque projet passe par trois grandes étapes :

    • L'idée et le croquis : tout part d'un dessin ou d'une esquisse gribouillée sur un carnet, jouant souvent sur les mots, les échelles ou les lois de la physique,

    • La planification et la prise de vue : c'est l'étape la plus longue ; il recherche les décors parfaits, construit parfois des maquettes ou des décors miniatures en studio, et photographie chaque élément sous le même angle de lumière,

    • L'assemblage ou la post-production : telle un puzzle géant, l'image finale est assemblée par ses soins pour fondre les morceaux entre eux de manière imperceptible ; Johansson utilise un logiciel de photo-montage – tel que Photoshop – et passe de nombreuses heures à peaufiner ses « peintures ».

Comme il aime à le dire, l'appareil photo ne sert pas seulement à figer l'instant, c'est simplement le moyen de collecter ses « peintures », tandis que l'ordinateur et le logiciel de retouche agissent comme sa toile.

Ses sources d'inspiration

Plutôt que de s'inspirer uniquement d'autres photographes, Johansson cite volontiers les maîtres de la peinture surréaliste et graphique du XXe siècle :

  • René Magritte et ses ruptures de logique visuelle

  • Salvador Dalí pour l'onirisme et la distorsion de l'espace

  • M.C. Escher pour les perspectives impossibles et les structures labyrinthiques

  • Ses souvenirs d'enfance dans la campagne suédoise, dont la nature brute et les lumières nordiques irriguent la majorité de ses décors.

Quelques œuvres emblématiques

  • Go Your Own Road : une route goudronnée en pleine campagne que l'on voit se détacher et s'enrouler sur elle-même comme un ruban de moquette, illustrant littéralement l'idée de « tracer sa propre route »,

  • The Cover Up : un paysage forestier automnal dont le sol est en train d'être « fermé à glissière » (zippé) pour révéler une autre saison ou un autre dessous,

  • Ses illusions urbaines et « pranks » de rue : il réalise parfois des installations anamorphes en trompe-l'œil dans des espaces publics, piégeant la perception des passants le temps d'un instant.

Sur Pinterest, vous pourrez retrouver de nombreux photo-montages inspirés de l’art de Johannson ; mais attention, beaucoup ont été générés par l’IA et ne proviennent pas de réels artistes !

Erik Johansson nous rappelle que la seule limite est celle de l'imagination. En combinant l'art de la grande illusion et la rigueur de la technique photographique, il parvient à matérialiser nos rêves les plus fous – ou nos cauchemars éveillés – avec une clarté et un réalisme déconcertants.

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Pour en savoir plus :

ERIK JOHANSSON

Les énigmes surréalistes d'Erik Johansson à l'Institut Suédois

Daybreaker- Behind the Scenes

ErikJohansson | Photographer

Tatsuya TANAKA et son calendrier miniature

Né en 1981 dans la préfecture de Kumamoto au Japon, Tatsuya Tanaka est un photographe, directeur artistique et artiste de miniature de renommée mondiale. Il est particulièrement célèbre pour son projet artistique viral intitulé MINIATURE CALENDAR, qu'il met à jour tous les jours sans interruption depuis avril 2011.

Le concept

Dans son Miniature Calendar, Tanaka associe de minuscules figurines de maquettes (personnages, animaux, véhicules) à des objets du quotidien, des fournitures de bureau ou de la nourriture pour créer des scènes pleines d'humour et de poésie.

Des objets ordinaires sont ainsi détournés avec ingéniosité :

  • Un brocoli ou du persil devient une forêt luxuriante ou un bouquet d'arbres,

  • Un clavier d'ordinateur se transforme en rizière, en gradins de stade ou en marches d'escalier,

  • Une éponge grattante se métamorphose en collines verdoyantes ou bien en terrain de tennis,

  • Un rouleau de ruban adhésif ou son distributeur devient une piste d'atterrissage, une piscine ou une grande roue,

  • Un masque chirurgical se change en hamac ou en piscine avec des palmiers

  • Des rouleaux de papier toilette se transforment en tunnels pour train à grande vitesse….

Les aspects clés de son travail

Commencé à l'origine à la suggestion d'un abonné sur les réseaux sociaux, ce défi quotidien demande une discipline de fer et une créativité sans limites depuis plus d'une décennie. Ses mises en scène et leurs titres reposent souvent sur des jeux de mots visuels astucieux, franchissant les barrières culturelles pour faire sourire instantanément le public.

Même si Tanaka est resté un enfant, pour notre plus grand plaisir, il est important de considérer la rigueur et le sérieux de son travail. Ses dioramas miniatures sont un ravissement ! Et comme cet artiste ne manque pas d’humour, chaque photo est accompagnée d'un titre plein de jeux de mots et de fines subtilités, faisant souvent référence à la culture pop, au cinéma ou à des situations du quotidien.

Voilà un artiste qui s’amuse avec la photographie et qui donne tellement envie ! Mais ne vous y trompez pas : la technique est toujours là…..

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Pour en savoir plus :

Miniature Japanese Magic: The Artistry of Tanaka Tatsuya. CC

Le monde miniature du photographe Tanaka Tatsuya | Nippon.com – Infos sur le Japon

Le Japon des miniatures - Tatsuya Tanaka

クラリネットをランドリーに見立てる|La La Laundry

MINIATURE CALENDAR by Tatsuya Tanaka

Instagram

Tatsuya Tanaka's Miniature Calendar - Tom + Lorenzo

05 octobre, 2026

Commencer par le « Manuel » avant de parler technique

On pourrait penser qu'il est plus logique de commencer par décortiquer son appareil, repérer chaque bouton et assimiler la notice avant de se lancer. Et pourtant, pour ce premier atelier de la session 2026-2027, nous allons faire exactement l'inverse !

En effet, il est stimulant de débuter par la prise de vue en mode manuel.

Comprendre l'œil avant la machine

Avant d'être un boîtier truffé d'électronique, un appareil photo est un outil pour raconter une histoire, figer une émotion ou capturer la lumière. En commençant par expérimenter le mode manuel, on se focalise d'abord sur le résultat recherché :

  • Veut-on de la netteté ou du flou et où mettre du flou ?

  • Saisir l'action ou créer un mouvement filé ?

  • Gérer les contrastes d'une scène ?

En éprouvant ces choix artistiques par la pratique, le fonctionnement technique de l'appareil prend tout son sens. Mais on ne va pas se mentir, c’est une sacrée épreuve !

Sortir des automatismes pour reprendre le pouvoir

Le mode automatique prend toutes les décisions à notre place, ce qui nous prive souvent de la créativité que l'on souhaite exprimer. En s'essayant au manuel dès le départ, on démystifie la technique : on réalise que diaphragme, vitesse et sensibilité ne sont pas des notions abstraites de manuel d'ingénieur, mais les simples curseurs de notre propre regard.

Aborder les réglages de l'appareil avec un vrai besoin

C'est là que la suite de notre parcours prend toute sa saveur. Une fois que nous aurons compris pourquoi nous voulons modifier un paramètre, nous plongerons dans le comment :

  • Où se trouve la molette sur votre modèle ?

  • Quel menu permet d'ajuster ce réglage ?

  • Comment votre propre boîtier réagit-il ?

Plutôt que d'apprendre une notice par cœur de manière théorique, chaque participant viendra chercher sur son appareil la réponse précise à un besoin créatif identifié. Et puis, il faut également compter sur l’entr’aide. Dans nos ateliers, la bonne entente est primordiale ; chacun repère le photographe qui détient le même appareil que lui ; à plusieurs, on comprend mieux….

Nous avons tous nos téléphones en poche : alors n’hésitez pas à télécharger la nomenclature de votre appareil. Lorsque j’ai un doute sur un fonctionnement que je ne maîtrise pas – et là j’ai le choix ! – je consulte cette notice en direct et inscrit dans mon carnet mes réglages.