Capturer l'impossible avec réalisme
Là où la plupart des artistes du numérique ont recours à l'imagerie générée par ordinateur ou à des banques d'images, Erik Johansson pose des règles extrêmement strictes d’un puriste invétéré.
Tous les éléments qui composent ses œuvres proviennent de ses propres prises de vue, donc aucune image conçue par l’IA.
Pour que l'illusion fonctionne, la lumière, les perspectives et les textures doivent concorder parfaitement : Johansson a le souci obsessionnel du détail. S'il a besoin d'intégrer un morceau de ciel déchiré ou une route qui se déroule comme un tapis, il va physiquement capturer des fragments réels qui reproduisent exactement l'effet recherché.
Le processus de création : un travail d'orfèvre
En raison de cette exigence technique, le rythme de production de l’artiste est très lent : il ne crée généralement que 6 à 8 œuvres personnelles par an.
Chaque projet passe par trois grandes étapes :
L'idée et le croquis : tout part d'un dessin ou d'une esquisse gribouillée sur un carnet, jouant souvent sur les mots, les échelles ou les lois de la physique,
La planification et la prise de vue : c'est l'étape la plus longue ; il recherche les décors parfaits, construit parfois des maquettes ou des décors miniatures en studio, et photographie chaque élément sous le même angle de lumière,
L'assemblage ou la post-production : telle un puzzle géant, l'image finale est assemblée par ses soins pour fondre les morceaux entre eux de manière imperceptible ; Johansson utilise un logiciel de photo-montage – tel que Photoshop – et passe de nombreuses heures à peaufiner ses « peintures ».
Comme il aime à le dire, l'appareil photo ne sert pas seulement à figer l'instant, c'est simplement le moyen de collecter ses « peintures », tandis que l'ordinateur et le logiciel de retouche agissent comme sa toile.
Ses sources d'inspirationPlutôt que de s'inspirer uniquement d'autres photographes, Johansson cite volontiers les maîtres de la peinture surréaliste et graphique du XXe siècle :
M.C. Escher pour les perspectives impossibles et les structures labyrinthiques
Ses souvenirs d'enfance dans la campagne suédoise, dont la nature brute et les lumières nordiques irriguent la majorité de ses décors.
Quelques œuvres emblématiques
Go Your Own Road : une route goudronnée en pleine campagne que l'on voit se détacher et s'enrouler sur elle-même comme un ruban de moquette, illustrant littéralement l'idée de « tracer sa propre route »,
The Cover Up : un paysage forestier automnal dont le sol est en train d'être « fermé à glissière » (zippé) pour révéler une autre saison ou un autre dessous,
Ses illusions urbaines et « pranks » de rue : il réalise parfois des installations anamorphes en trompe-l'œil dans des espaces publics, piégeant la perception des passants le temps d'un instant.
Sur Pinterest, vous pourrez retrouver de nombreux photo-montages inspirés de l’art de Johannson ; mais attention, beaucoup ont été générés par l’IA et ne proviennent pas de réels artistes !
Erik Johansson nous rappelle que la seule limite est celle de l'imagination. En combinant l'art de la grande illusion et la rigueur de la technique photographique, il parvient à matérialiser nos rêves les plus fous – ou nos cauchemars éveillés – avec une clarté et un réalisme déconcertants.
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Pour en savoir plus :
Les énigmes surréalistes d'Erik Johansson à l'Institut Suédois



































