06 octobre, 2026

Erik JOHANSSON, le maître de la photographie surréaliste et de l'impossible

Suédois né en 1985 et résidant à Prague, Erik Johansson est un artiste visuel et photographe hors du commun. Loin de se contenter de capturer le monde tel qu’il est, il utilise son appareil photo et sa maîtrise du numérique pour bâtir des univers surréalistes d’une crédibilité saisissante. Ses œuvres ressemblent à des photographies de paysages tout à fait ordinaires au premier regard, avant de révéler des paradoxes visuels troublants et poétiques.

Capturer l'impossible avec réalisme

Là où la plupart des artistes du numérique ont recours à l'imagerie générée par ordinateur ou à des banques d'images, Erik Johansson pose des règles extrêmement strictes d’un puriste invétéré.

Tous les éléments qui composent ses œuvres proviennent de ses propres prises de vue, donc aucune image conçue par l’IA.

Pour que l'illusion fonctionne, la lumière, les perspectives et les textures doivent concorder parfaitement : Johansson a le souci obsessionnel du détail. S'il a besoin d'intégrer un morceau de ciel déchiré ou une route qui se déroule comme un tapis, il va physiquement capturer des fragments réels qui reproduisent exactement l'effet recherché.

Le processus de création : un travail d'orfèvre

En raison de cette exigence technique, le rythme de production de l’artiste est très lent : il ne crée généralement que 6 à 8 œuvres personnelles par an.

Chaque projet passe par trois grandes étapes :

    • L'idée et le croquis : tout part d'un dessin ou d'une esquisse gribouillée sur un carnet, jouant souvent sur les mots, les échelles ou les lois de la physique,

    • La planification et la prise de vue : c'est l'étape la plus longue ; il recherche les décors parfaits, construit parfois des maquettes ou des décors miniatures en studio, et photographie chaque élément sous le même angle de lumière,

    • L'assemblage ou la post-production : telle un puzzle géant, l'image finale est assemblée par ses soins pour fondre les morceaux entre eux de manière imperceptible ; Johansson utilise un logiciel de photo-montage – tel que Photoshop – et passe de nombreuses heures à peaufiner ses « peintures ».

Comme il aime à le dire, l'appareil photo ne sert pas seulement à figer l'instant, c'est simplement le moyen de collecter ses « peintures », tandis que l'ordinateur et le logiciel de retouche agissent comme sa toile.

Ses sources d'inspiration

Plutôt que de s'inspirer uniquement d'autres photographes, Johansson cite volontiers les maîtres de la peinture surréaliste et graphique du XXe siècle :

  • René Magritte et ses ruptures de logique visuelle

  • Salvador Dalí pour l'onirisme et la distorsion de l'espace

  • M.C. Escher pour les perspectives impossibles et les structures labyrinthiques

  • Ses souvenirs d'enfance dans la campagne suédoise, dont la nature brute et les lumières nordiques irriguent la majorité de ses décors.

Quelques œuvres emblématiques

  • Go Your Own Road : une route goudronnée en pleine campagne que l'on voit se détacher et s'enrouler sur elle-même comme un ruban de moquette, illustrant littéralement l'idée de « tracer sa propre route »,

  • The Cover Up : un paysage forestier automnal dont le sol est en train d'être « fermé à glissière » (zippé) pour révéler une autre saison ou un autre dessous,

  • Ses illusions urbaines et « pranks » de rue : il réalise parfois des installations anamorphes en trompe-l'œil dans des espaces publics, piégeant la perception des passants le temps d'un instant.

Sur Pinterest, vous pourrez retrouver de nombreux photo-montages inspirés de l’art de Johannson ; mais attention, beaucoup ont été générés par l’IA et ne proviennent pas de réels artistes !

Erik Johansson nous rappelle que la seule limite est celle de l'imagination. En combinant l'art de la grande illusion et la rigueur de la technique photographique, il parvient à matérialiser nos rêves les plus fous – ou nos cauchemars éveillés – avec une clarté et un réalisme déconcertants.

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Pour en savoir plus :

ERIK JOHANSSON

Les énigmes surréalistes d'Erik Johansson à l'Institut Suédois

Daybreaker- Behind the Scenes

ErikJohansson | Photographer

Tatsuya TANAKA et son calendrier miniature

Né en 1981 dans la préfecture de Kumamoto au Japon, Tatsuya Tanaka est un photographe, directeur artistique et artiste de miniature de renommée mondiale. Il est particulièrement célèbre pour son projet artistique viral intitulé MINIATURE CALENDAR, qu'il met à jour tous les jours sans interruption depuis avril 2011.

Le concept

Dans son Miniature Calendar, Tanaka associe de minuscules figurines de maquettes (personnages, animaux, véhicules) à des objets du quotidien, des fournitures de bureau ou de la nourriture pour créer des scènes pleines d'humour et de poésie.

Des objets ordinaires sont ainsi détournés avec ingéniosité :

  • Un brocoli ou du persil devient une forêt luxuriante ou un bouquet d'arbres,

  • Un clavier d'ordinateur se transforme en rizière, en gradins de stade ou en marches d'escalier,

  • Une éponge grattante se métamorphose en collines verdoyantes ou bien en terrain de tennis,

  • Un rouleau de ruban adhésif ou son distributeur devient une piste d'atterrissage, une piscine ou une grande roue,

  • Un masque chirurgical se change en hamac ou en piscine avec des palmiers

  • Des rouleaux de papier toilette se transforment en tunnels pour train à grande vitesse….

Les aspects clés de son travail

Commencé à l'origine à la suggestion d'un abonné sur les réseaux sociaux, ce défi quotidien demande une discipline de fer et une créativité sans limites depuis plus d'une décennie. Ses mises en scène et leurs titres reposent souvent sur des jeux de mots visuels astucieux, franchissant les barrières culturelles pour faire sourire instantanément le public.

Même si Tanaka est resté un enfant, pour notre plus grand plaisir, il est important de considérer la rigueur et le sérieux de son travail. Ses dioramas miniatures sont un ravissement ! Et comme cet artiste ne manque pas d’humour, chaque photo est accompagnée d'un titre plein de jeux de mots et de fines subtilités, faisant souvent référence à la culture pop, au cinéma ou à des situations du quotidien.

Voilà un artiste qui s’amuse avec la photographie et qui donne tellement envie ! Mais ne vous y trompez pas : la technique est toujours là…..

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Pour en savoir plus :

Miniature Japanese Magic: The Artistry of Tanaka Tatsuya. CC

Le monde miniature du photographe Tanaka Tatsuya | Nippon.com – Infos sur le Japon

Le Japon des miniatures - Tatsuya Tanaka

クラリネットをランドリーに見立てる|La La Laundry

MINIATURE CALENDAR by Tatsuya Tanaka

Instagram

Tatsuya Tanaka's Miniature Calendar - Tom + Lorenzo

05 octobre, 2026

Commencer par le « Manuel » avant de parler technique

On pourrait penser qu'il est plus logique de commencer par décortiquer son appareil, repérer chaque bouton et assimiler la notice avant de se lancer. Et pourtant, pour ce premier atelier de la session 2026-2027, nous allons faire exactement l'inverse !

En effet, il est stimulant de débuter par la prise de vue en mode manuel.

Comprendre l'œil avant la machine

Avant d'être un boîtier truffé d'électronique, un appareil photo est un outil pour raconter une histoire, figer une émotion ou capturer la lumière. En commençant par expérimenter le mode manuel, on se focalise d'abord sur le résultat recherché :

  • Veut-on de la netteté ou du flou et où mettre du flou ?

  • Saisir l'action ou créer un mouvement filé ?

  • Gérer les contrastes d'une scène ?

En éprouvant ces choix artistiques par la pratique, le fonctionnement technique de l'appareil prend tout son sens. Mais on ne va pas se mentir, c’est une sacrée épreuve !

Sortir des automatismes pour reprendre le pouvoir

Le mode automatique prend toutes les décisions à notre place, ce qui nous prive souvent de la créativité que l'on souhaite exprimer. En s'essayant au manuel dès le départ, on démystifie la technique : on réalise que diaphragme, vitesse et sensibilité ne sont pas des notions abstraites de manuel d'ingénieur, mais les simples curseurs de notre propre regard.

Aborder les réglages de l'appareil avec un vrai besoin

C'est là que la suite de notre parcours prend toute sa saveur. Une fois que nous aurons compris pourquoi nous voulons modifier un paramètre, nous plongerons dans le comment :

  • Où se trouve la molette sur votre modèle ?

  • Quel menu permet d'ajuster ce réglage ?

  • Comment votre propre boîtier réagit-il ?

Plutôt que d'apprendre une notice par cœur de manière théorique, chaque participant viendra chercher sur son appareil la réponse précise à un besoin créatif identifié. Et puis, il faut également compter sur l’entr’aide. Dans nos ateliers, la bonne entente est primordiale ; chacun repère le photographe qui détient le même appareil que lui ; à plusieurs, on comprend mieux….

Nous avons tous nos téléphones en poche : alors n’hésitez pas à télécharger la nomenclature de votre appareil. Lorsque j’ai un doute sur un fonctionnement que je ne maîtrise pas – et là j’ai le choix ! – je consulte cette notice en direct et inscrit dans mon carnet mes réglages.


03 février, 2026

Photographie, une histoire sans cliché

Aux premiers temps de la photographie, avec Niépce et Daguerre, c’est une chambre qui s’ouvre sur le monde. Attention les yeux, pour une histoire du flash, et celle de la photo amateur aussi. Une histoire des techniques bien sûr : quand copier, coller, manipuler, donne une histoire du photomontage.

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Les débuts de la photographie, chambre ouverte sur le monde : épisode du podcast Photographie, une histoire sans cliché | France Culture

Qui a inventé la photographie ? Où, en quel lieu, dans quel pays ? Est-ce possible d’en préciser l’année ? C’est une histoire des techniques bien sûr, mais aussi du bricolage.

Pour en savoir plus :

Traité de photographie ; suivi de Notions sur la galvanoplastie / par J.Dupont,... | Gallica

Noticesur l'héliographie (manuscrit autographe) / par M.r J.h N.re[Monsieur Joseph Nicéphore] Niépce | Gallica

Les carnets d'une apprentie photographe: NIEPCE, le père de laphotographie

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Attention les yeux ! Une histoire du flash : épisode du podcast Photographie, une histoire sans cliché | France Culture

La photographie, par son étymologie, est l'écriture de la lumière, avec pour racine


grecque "photo-". Puisque la plaque est photosensible, l'aventure photographique a besoin de lumière. L'histoire du flash, tel est notre objectif.

Pour en savoir plus :

[Recueil. Registre manuscrit des personnalités photographiées dans l'AtelierNadar]. Numérisation de AD-2125 (1)-FOL | Gallica

Photographies : accès par collection | Gallica

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1, 2, 3, ouistiti ! Histoire de la photo amateur : épisode du podcast Photographie, une histoire sans cliché | France Culture

Les pionniers de la photographie ne seraient-ils pas plus ou moins amateurs, au sens où ces hommes et ces femmes n'ont bénéficié d'aucune formation ? Il est certain qu'ils se la sont créée. Puis, la pratique s'est développée. Pour réaliser une photographie, nous avons besoin d'un appareil plus ou moins sophistiqué, d'un photographe, a minima équipé d'un doigt pour appuyer sur le déclencheur, et surtout d'un regard.

Pour en savoir plus :

Pierre-jean Amar Photographe | Actuphoto

Pierre-Jean Amar | Cairn.info

Vivian Maier Photographer | Official website of Vivian Maier | Vivian MaierPortfolios, Prints, Exhibitions, Books and documentary film

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Copier, coller, manipuler, histoire du photomontage : épisode du podcast Photographie, une histoire sans cliché | France Culture

Le photomontage est un procédé fondé sur la combinaison d’éléments photographiques qui crée des images composites. Il se distingue du photocollage en ce sens qu’il est principalement destiné à la presse et aux affiches. Vraiment ?

24 décembre, 2025

J-1 : Photographier, c’est offrir...

Depuis vingt-quatre jours, vous avez ouvert chaque petite fenêtre de ce calendrier comme on entrouvre une porte sur un instant de lumière. Vingt-quatre jours pour apprivoiser la photographie autrement : avec lenteur, avec curiosité, avec douceur. Vingt-quatre jours pour apprendre à regarder.

Aujourd’hui, la dernière fenêtre s’ouvre. Elle ne contient ni réglage, ni défi, ni technique. Elle contient un geste simple, presque ancestral : celui d’offrir.

Car photographier, c’est offrir un instant que l’on a choisi de retenir. C’est dire : « J’étais là, et j’ai pensé à toi. » C’est tendre une émotion, une couleur, une lumière. C’est partager un morceau de monde, un morceau de soi.

Photographier, c’est offrir du temps : le temps que l’on a pris pour s’arrêter, pour écouter un silence, pour suivre une lueur, pour accueillir un sourire.

Photographier, c’est offrir une trace : celle d’un moment fragile, d’un geste tendre, d’un éclat de rire qui aurait pu s’effacer.

Et ce soir, justement, est un soir de traces. Un soir où les maisons s’illuminent, où les voix se rapprochent, où les mains se tendent, où les familles se retrouvent.

Alors pour ce 24 décembre, je vous propose ceci : faites une photo de votre soirée de Noël. Pas une photo parfaite. Pas une photo posée. Une photo vraie. Une photo qui respire la chaleur, la présence, la simplicité. Une photo qui raconte votre soirée : une table un peu trop pleine, une bougie qui vacille, un enfant qui rit, un regard tendre échangé sans un mot.

Prenez cette photo comme on cueille un souvenir. Glissez-la dans votre téléphone, dans un dossier, dans un coin de votre cœur. Et laissez-la dormir.

Dans quelques mois, dans quelques années peut-être, vous la retrouverez par hasard. Et elle vous offrira à son tour ce qu’elle contient : la douceur d’un moment partagé, la chaleur d’une maison, la présence de ceux que vous aimez.

Merci d’avoir cheminé dans ce calendrier. Merci d’avoir regardé, essayé, ressenti. Merci d’avoir laissé la photographie devenir un espace de joie et de mémoire.

Ce soir, la dernière fenêtre se referme… mais vos images, elles, continueront de veiller.

23 décembre, 2025

J-2 : Apprendre la photographie pour vraiment progresser

On peut aimer la photographie depuis longtemps, déclencher souvent, accumuler des images… et pourtant sentir qu’on tourne un peu en rond. C’est normal. La photographie n’est pas seulement une affaire de matériel ou d’instinct : c’est un langage. Et comme tout langage, il s’apprend beaucoup, se partage passionnément et se pratique à la folie !

Participer à un atelier — comme ceux proposés à Yerres Loisirs — change profondément la manière de regarder et de créer. Non pas parce qu’on y « formate » les gens, mais parce qu’on y ouvre des portes. On y découvre des gestes simples qui transforment une image, des notions qui éclairent enfin ce que l’on pressentait, des astuces qui libèrent, et surtout… un espace où l’on progresse ensemble.

On croit souvent que la technique bride la créativité. C’est l’inverse. Comprendre la lumière, la mise au point, la vitesse, la composition, ce n’est pas se contraindre : c’est gagner en liberté. C’est pouvoir choisir, plutôt que subir. C’est donner à ses images l’intention qu’on porte en soi.

Dans un atelier, chacun arrive avec son histoire, son œil, ses hésitations. Et c’est cette diversité qui fait grandir. On observe les images des autres, on s’inspire, on ose poser des questions, on découvre des chemins auxquels on n’aurait jamais pensé seul. La progression devient collective, bienveillante, vivante.

Il n’y a pas de « bons » ou de « mauvais » photographes. Il y a des personnes qui avancent, qui expérimentent, qui se laissent surprendre. Se former, c’est accepter d’être en mouvement. C’est se donner la possibilité de dépasser ses habitudes, de révéler ce que l’on n’osait pas encore montrer.

Les ateliers de Yerres Loisirs - faut bien se faire un peu de pub ! - offrent un cadre simple, convivial, où l’on apprend sans pression. On y explore la technique, mais aussi le plaisir du regard, la narration, la sensorialité. On y rit, on y tâtonne, on y réussit, on y recommence. Et petit à petit, on voit ses images changer. On se voit changer....

22 décembre, 2025

J-3 : On ne bouge plus !

Voici un article pas très habituel, un peu décalé…. M’enfin c’est bientôt Noël !

On parle toujours des grands photographes, de leurs objectifs, de leurs réglages… mais jamais de celui qui fait tout le boulot sans broncher : le trépied. Oui, ce machin à trois pattes qui prend toute la place dans le salon et qu’on trébuche dessus une fois sur deux. Le pauvre. Trois jambes, zéro reconnaissance.

Parce qu’entre le café du matin, le froid de décembre et l’excitation de photographier les guirlandes, nos mains ne sont pas toujours d’une stabilité olympique. Le trépied, lui, ne tremble jamais, encore faut-il savoir le positionner… Et je sais de quoi je cause !

Entre les enfants surexcités, le chat qui grimpe dans le sapin et la guirlande qui clignote comme si elle avait bu trop de vin chaud, il n’y a qu’un être stable dans cette maison : le trépied. Lui, il reste droit. Fier. Impassible. Même quand la boule de Noël tombe pour la 4ème fois.

Vous voulez refaire exactement la même photo, mais en mieux, mais en différent, mais en pareil, mais en plus lumineux ? Le trépied dit oui. Toujours oui. Il ne juge pas vos 250 essais, oui, je sais, c’est beaucoup pour au final n’en garder que très peu.... Le trépied ne soupire pas. Il ne s’impatiente pas. Il reste là, stoïque, fidèle comme un vieux chien… mais en aluminium.

Filés lumineux, autoportraits où vous ne courez plus pour rejoindre le cadre, photos de nuit sans ressembler à un fantôme flou… Le trépied adore vos expériences. Plus c’est bizarre, plus il est content. Il est né pour ça.

Avec lui, on ralentit. On respire. On cadre. On recadre. On re‑recadre. Bref, on devient soudain très sérieux… alors qu’on est juste en train de photographier une boule de Noël.

Alors, un peu de respect pour l’artiste. N’oublions pas qu’il est le seul invité qui ne mange pas les petits fours !

21 décembre, 2025

J-4 : Macro ou proxy, comprendre enfin la différence

La débutante que j’étais a longtemps confondu « macrophoto » et « proxyphoto ». Avec le temps, j’ai appris à distinguer ces deux pratiques qui, bien que proches, répondent à des logiques très différentes.

La macro consiste à photographier de très petits sujets — insectes, fleurs, textures — avec un rapport de reproduction d’au moins 1:1. À ce niveau de grossissement, on révèle des détails invisibles à l’œil nu. La profondeur de champ devient extrêmement réduite, ce qui rend la discipline exigeante : elle nécessite des objectifs spécifiquement conçus pour la macro ou des accessoires dédiés (bagues allonge, bonnettes, soufflets).

La proxyphoto, elle, correspond à une prise de vue rapprochée, mais avec un rapport de reproduction inférieur à 1:1 (souvent entre 1:10 et 1:2). Elle permet de photographier des sujets de taille moyenne — une fleur entière, un papillon, un objet, un détail architectural — avec une profondeur de champ plus confortable et une gestion plus simple. Elle peut être réalisée avec des objectifs standards ou des zooms offrant une bonne distance minimale de mise au point.

Si l’on résume, je dirai que la « macro » permet de montrer l’invisible, le « minuscule », tant que la « proxy » met en valeur un sujet dans son ensemble. Et la « macro » est beaucoup plus exigeante en matière de lumière et de profondeur de champ.

La distinction entre macro et proxy n’est pas qu’une question d’objectif en soi, mais bien une question de rapport de reproduction – niveau de grossissement - et de distance de prise de vue.

Un détail qui n’en est pas un : le trépied devient vite indispensable, surtout en macro où la moindre vibration se voit.

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Pour en savoir plus :

Macrophotographie et proxi : la différence - FRANÇOISE CARUSO PHOTOGRAPHIE

Proxi ou Macrophotographie ? – Emotions numériques

10 meilleurs objectifs pour macrophotographie d'décembre 2025

Objectif Macro en 2025 - Lequel choisir et comment ? Le guide !

Mes focales préférées pour la proxi-photographie - PhotoKlub

20 décembre, 2025

J-5 : Sublimer sans trahir, la retouche révèle l’essentiel

Retoucher une image, ce n’est pas la transformer en autre chose. C’est écouter ce qu’elle murmure déjà, puis l’aider à parler plus clairement. La retouche n’invente pas : elle révèle.

Et bien souvent, elle est tout simplement indispensable.

Dans la pratique, tous les photographes retouchent leurs photos, plus ou moins « photoshopées ». Qu’ils utilisent Lightroom, Darktable, Gimp ou d’autres outils, chacun passe par cette étape indispensable : redresser une image, éclaircir une scène un peu timide, raviver des couleurs que le capteur a ternies, équilibrer les contrastes pour retrouver la sensation du moment. Ces gestes ne trahissent rien : ils restituent ce que l’œil avait perçu.

Sublimer sans trahir, c’est choisir la justesse plutôt que l’effet. C’est respecter la scène, le geste, la lumière, l’intention du photographe. C’est affiner, équilibrer, harmoniser — comme on ajuste une phrase pour qu’elle chante juste.

La retouche devient alors un geste de fidélité : un moyen d’honorer l’instant capturé, de lui offrir sa meilleure version, sans jamais lui voler son âme.

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Pour en savoir plus :

Petite_histoire_retouche_photo.pdf

La retouche, une pratique à la limite du processus photographique(Grande-Bretagne et France, 1850-1875) - Persée

De l’argentique au numérique : l’histoire de la retouche photo - Simatai

19 décembre, 2025

J-6 : Le smartphone, un outil discret pour saisir l’instant

Certains photographes froncent les sourcils lorsqu’on évoque la photographie au smartphone. Pour eux, ce n’est pas « de la vraie photo », comme si l’appareil devait obligatoirement être lourd, bardé de réglages complexes et accompagné d’un sac rempli d’objectifs. Pourtant, réduire la photographie à une question de matériel, c’est oublier l’essentiel : le plaisir de regarder, de saisir, de partager.

Le smartphone, discret compagnon du quotidien, permet de capturer un sourire, une lumière fugace, un détail qui nous touche. Il est là, toujours disponible, sans contrainte. Bien sûr, il ne remplace pas un boîtier professionnel pour certains usages, mais il ouvre la porte à une pratique libre et spontanée.

Tout le monde n’a pas la possibilité – ni l’envie – d’investir dans un nouvel appareil. Et faut-il vraiment attendre d’avoir « le bon matériel » pour oser photographier ? La photographie n’est pas une compétition d’équipement : c’est une manière de raconter, de garder trace, de se faire plaisir.

Pour ma part, j’utilise le smartphone surtout pour des photos de loisirs, rapides, pour saisir l’instant présent, sans préparation, ou bien comme outil de repérage. En revanche, lorsqu’il s’agit d’imprimer, la profusion de pixels peut parfois nuire à la qualité finale...

Alors oui, le smartphone n’est peut-être pas « l’appareil idéal » aux yeux de certains. Mais il est un outil précieux pour apprendre à voir, pour s’émerveiller, pour partager. Et c’est bien cela, au fond, qui fait la force de la photographie : la joie de saisir l’instant, peu importe l’objet que l’on tient entre ses mains.

Et en cette période de fin d’année – et de fête des enfants ! – les smartphones vont chauffer !

18 décembre, 2025

J-7 : Trouver son style en photographie, un chemin d’exploration

Beaucoup de photographes expliquent qu’il est important de trouver son style, car il devient une véritable signature visuelle, le reflet de notre personnalité et de notre sensibilité. Mais lorsqu’on débute, il n’est pas nécessaire de se mettre cette pression : l’essentiel est d’explorer, de tester, et de découvrir peu à peu ce qui nous correspond. Peut-être avez-vous déjà remarqué que vous êtes plus à l’aise dans certains univers — portraits, scènes de rue, ou, comme moi, la photographie « nature ».

Dans ce cheminement, il est précieux de regarder le travail d’autres photographes. Non pas pour les imiter, mais pour s’inspirer de leur regard, comprendre leurs choix de cadrage, de lumière ou de narration. Chaque image rencontrée devient une invitation à réfléchir à ce que nous aimons, à ce que nous voulons transmettre, et à ce que nous voulons éviter. Observer ces démarches variées nous aide à affiner notre propre sensibilité et à trouver peu à peu la voix visuelle qui nous ressemble.

Travailler son style est un processus continu qui nourrit notre créativité et nous pousse à expérimenter. Voilà, le mot est lâché : EX-PE-RI-MEN-TER.

Expérimenter, c’est observer et s’essayer à différents styles : la photographie humaniste comme celle de Cartier-Bresson, de Doisneau ou encore Ronis, la photo de portrait comme Hartcourt, la photo de rue comme celle de Garry Winogrand ou de Vivian Maier, et bien d’autres encore….. (ici)

Portraitiste minimaliste, maître du noir et blanc ou bien encore style provocateur et glamour, chaque style traduit une vision du monde, des émotions et une manière unique de raconter une histoire ; c’est un peu « l’oeil et l’empreinte ».

Inutile d’être un photographe emblématique tel que Atget, Geddes, ou bien Adams… de toute façon -dirai-je avec humour ! – la place est déjà prise !!

Que vous soyez humaniste en racontant la vie avec tendresse, documentaire pour transmettre la mémoire, poétique en créant des univers sensoriels, portraitiste pour révéler l’identité ou la « sensibilité » ou bien encore « street » pour capter l’énergie du quotidien, il y a forcément un style qui vous correspond….. Expérimentez !

17 décembre, 2025

J-8 : La mémoire, photo comme trace, comme archive sensible

Empreinte du réel et authentique, la photographie arrête ce qui est voué à s’effacer : un sourire, une lumière, une ambiance ; elle devient une mémoire vivante, une trace qui relie le passé au présent et qui porte une charge sensible. Chaque cliché fixe un instant qui, sans lui, disparaîtrait.

Et même si elle peut être mise en scène, la photographie conserve toujours une part de vérité du moment. Elle est une « archive du sensible » ; albums, portraits, photos de fêtes deviennent des archives affectives qui racontent une histoire intime, une mémoire familiale.

Contrairement à un texte, une photo touche immédiatement par sa force visuelle et sensorielle ; elle permet de partager une expérience vécue, en créant un pont entre générations. Elle peut aussi associer une image à une odeur, un son ou un souvenir pour enrichir la mémoire sensorielle.

La photographie ne se contente pas de conserver, elle réactive l’émotion et donne chair à la mémoire ; elle transforme de simples clichés du quotidien en petites « archives » qui racontent la vie ordinaire avec tendresse et émotion.

En généalogie, par exemple, on peut utiliser des photos anciennes comme déclencheurs de récits (familiaux, patrimoniaux). Comme cette photographie ci-contre, vieille de plus de soixante ans….

Il est aisé de la faire « parler »….

La photographie est en noir et blanc, avec des bords festonnés typiques des tirages anciens, ce qui lui confère une aura nostalgique ; elle montre un homme et une enfant, debout près d’une côte rocheuse, probablement en bord de mer. L’homme, vêtu d’un pantalon taille haute, d’une chemise à manches courtes et de chaussures claires – des espadrilles sans doute - tient la main de la fillette. Celle-ci, en robe et chaussures assorties, lève les yeux vers lui avec une expression de confiance et de profonde tendresse. On notera le joli nœud accroché à ses cheveux attachés. Il doit faire très beau.

Le décor naturel — rochers massifs et mer en arrière-plan — contraste avec la chaleur de l’interaction humaine au premier plan. L’image semble capturer un moment suspendu, intime et joyeux, dans un cadre sauvage.

Le geste de la main et le regard échangé suggèrent une relation affective, entre père et fille ; la posture de l’homme, légèrement penché, évoque une forme de protection ou de dialogue ; cette photo est une archive sensible, un fragment de vie qui raconte une époque, une relation, une ambiance : un père qui sourit à son enfant, et cette petite fille terriblement attirée vers cette figure emblématique et adorée.

Cette image est une archive sensible : elle ne dit pas tout, mais elle suggère. Elle ne raconte pas une histoire précise, mais elle en contient mille possibles : le bruit des vagues, l’odeur de l’iode, la chaleur d’une main dans une autre, cet échange de regard, de paroles peut-être… autant de fragments sensoriels que chacun peut réactiver à sa manière.

La photo est posée sur un fond moderne à rayures rouges et blanches, avec un ruban décoratif. Cela suggère qu’elle a été intégrée dans un carnet de mémoire, comme une trace précieuse mise en valeur. Ce contraste entre le passé photographié et le présent du support crée une double temporalité : celle du souvenir et celle de la transmission. 

15 décembre, 2025

J-9 : La photo de rue, saisir l’instant, le quotidien, l’humain

La photographie de rue est une école du regard. Elle nous apprend à voir ce que d’ordinaire nous traversons sans y prêter attention : un geste furtif, une silhouette pressée, un sourire échangé au détour d’un carrefour. Dans le flux du quotidien, elle arrête le temps et transforme l’éphémère en mémoire.

C’est l’art de capter l’inattendu, de donner une dignité aux scènes les plus banales : un enfant qui pédale sur son vélo, une vieille dame qui ajuste son chapeau, un couple qui se dispute à voix basse. Chaque image devient un fragment d’humanité, une petite histoire qui se raconte sans mots.

En saisissant l’instant, le photographe de rue devient passeur : il offre au monde la poésie du quotidien, il révèle la beauté cachée dans l’ordinaire.

Mais pour moi, c’est un genre qui me touche moins. Je reconnais sa force, sa capacité à immortaliser l’instant et à donner une voix aux anonymes, mais mon regard se tourne ailleurs. Ce qui m’émerveille, ce n’est pas la foule ni le bitume, mais la respiration de la nature.

Je préfère les grands espaces, le chant des oiseaux au lever du jour, l’odeur de la terre après la pluie. Là où la photo de rue saisit l’humain dans son quotidien, ma photographie cherche la rencontre avec le vivant, la lumière qui glisse sur une feuille, le souffle du vent dans les arbres.

Ainsi, si la photo de rue est une école de l’instant où le vivant fourmille, la nature est pour moi une école des sensations ; elle m’invite à ralentir, à écouter, à respirer. C’est là que mon appareil trouve sa place, dans le silence habité des paysages, plutôt que dans le tumulte des rues.