La crainte de l'Intelligence
Artificielle (IA) est permanente ; autour de moi, les gens
expriment à la fois leur anxiété et leur étonnement, leurs
craintes et leurs retenues.
Faut-il
avoir vraiment peur de l’IA …..
L’IA
a fait des progrès spectaculaires dans la génération d'images, au
point de créer des « photographies » - des images
hyper-réalistes générées numériquement - qui sont souvent
impossibles à distinguer d'une photo réelle.
Pour
ma part, je reste persuadée que l’IA
ne peut remplacer notre cerveau pour faire des photos, mais elle peut
compléter et transformer notre manière de photographier.
Notre
cerveau
voit en 3D, adapte la vision à la lumière, et ajoute une dimension
émotionnelle ; il relie la scène à nos souvenirs, nos
émotions, notre culture.
L’IA,
quant à elle, peut optimiser la lumière, la netteté, la
composition ; elle propose des cadrages, des styles, des
filtres ; elle peut également corriger la balance des blancs,
la réduction du bruit… des tâches que notre œil et notre cerveau
font naturellement.
Toutefois,
l'IA ne peut pas (pour l'instant ! ) remplacer complètement le
cerveau humain dans le processus de création photographique, car la
photographie va au-delà de la simple production d'une image
réaliste.
L’IA
générative ne voit
pas et ne rêve
pas ; elle
fonctionne par algorithmes
entraînés sur des millions d’images existantes. Quand on lui
demande de
créer une
photographie,
elle combine
et réassemble
des motifs, des textures, des couleurs, pour produire une image
nouvelle ; ce
n’est donc pas une invention au sens humain du
terme,
mais une synthèse
statistique
: elle calcule ce qui « ressemble »
à ce qu’on lui demande.
Par
contre, l’humain
ne se contente pas de combiner des données. Il projette
une émotion, une mémoire, une intention.
L’imaginaire humain est lié à l’expérience vécue, aux
sensations, aux désirs, aux rêves. Quand je
crée une photo, je
ne fais
pas qu’assembler des pixels : je
raconte
une histoire
qui vient de moi ;
certes,
elle est loin d’être parfaite, mais comme dirait la « pub »,
c’est moi qui l’ai faite ! (ici)
L’IA
produit des images plausibles, calculées, issues de ses bases
d’apprentissage, tandis
que l’humain
invente à partir de son vécu, de son imaginaire, de son émotion.
Alors,
pourquoi avoir peur de l’IA, voire la rejeter ?
Refuser
les nouvelles technologies, c’est un peu comme rester sur le quai
d’une gare. Le train passe, les wagons s’éloignent, et l’on se
retrouve immobile, à regarder le monde avancer, mais sans nous.
Beaucoup
hésitent devant l’informatique, l’intelligence artificielle. Par
crainte de perdre leurs repères, ils préfèrent ignorer ces outils.
Mais tôt ou tard, ils découvrent qu’ils ne peuvent plus
participer pleinement : ils sont restés sur le quai. Quelquefois,
ils arrivent à prendre le train en marche...
Apprivoiser une
technologie, c’est accepter de monter dans le wagon. On se laisse
porter, on observe, on apprend. Même sans tout comprendre au début,
on avance déjà.
Avec le temps, on
peut même accéder à la cabine de conduite. On ne subit plus la
technologie : on la maîtrise. On choisit la direction, on utilise
l’IA ou l’informatique comme des alliés pour enrichir notre
créativité, notre travail, notre quotidien.
L’IA et les
nouvelles technologies ne sont pas des menaces, mais des trains qui
nous invitent au voyage. Rester sur le quai, c’est se priver
d’opportunités. Monter à bord, c’est apprendre, progresser, et
parfois même prendre les commandes !
Le
photographe n’a aucune crainte à avoir de l’IA : son regard
est unique, ses photos portent son histoire, sa sensibilité, son
vécu ; il accompagne, conseille, crée une relation avec son
sujet. L’IA ne peut pas remplacer cette dimension humaine. Si l’IA
assemble rapidement un grand nombre de données, elle ne ressent
aucune émotion, elle ne crée pas de mémoire.
Alors,
oui, j’affirme que l’IA
- aussi
génial soit-elle - n’est
qu’un
outil, pas un regard. La magie de la photo reste dans l’œil et
l’émotion du photographe
Un
artiste transmet, échange, partage une
profondeur émotionnelle ;
l’IA reste un outil, sans humanité.