24 décembre, 2025

J-1 : Photographier, c’est offrir...

Depuis vingt-quatre jours, vous avez ouvert chaque petite fenêtre de ce calendrier comme on entrouvre une porte sur un instant de lumière. Vingt-quatre jours pour apprivoiser la photographie autrement : avec lenteur, avec curiosité, avec douceur. Vingt-quatre jours pour apprendre à regarder.

Aujourd’hui, la dernière fenêtre s’ouvre. Elle ne contient ni réglage, ni défi, ni technique. Elle contient un geste simple, presque ancestral : celui d’offrir.

Car photographier, c’est offrir un instant que l’on a choisi de retenir. C’est dire : « J’étais là, et j’ai pensé à toi. » C’est tendre une émotion, une couleur, une lumière. C’est partager un morceau de monde, un morceau de soi.

Photographier, c’est offrir du temps : le temps que l’on a pris pour s’arrêter, pour écouter un silence, pour suivre une lueur, pour accueillir un sourire.

Photographier, c’est offrir une trace : celle d’un moment fragile, d’un geste tendre, d’un éclat de rire qui aurait pu s’effacer.

Et ce soir, justement, est un soir de traces. Un soir où les maisons s’illuminent, où les voix se rapprochent, où les mains se tendent, où les familles se retrouvent.

Alors pour ce 24 décembre, je vous propose ceci : faites une photo de votre soirée de Noël. Pas une photo parfaite. Pas une photo posée. Une photo vraie. Une photo qui respire la chaleur, la présence, la simplicité. Une photo qui raconte votre soirée : une table un peu trop pleine, une bougie qui vacille, un enfant qui rit, un regard tendre échangé sans un mot.

Prenez cette photo comme on cueille un souvenir. Glissez-la dans votre téléphone, dans un dossier, dans un coin de votre cœur. Et laissez-la dormir.

Dans quelques mois, dans quelques années peut-être, vous la retrouverez par hasard. Et elle vous offrira à son tour ce qu’elle contient : la douceur d’un moment partagé, la chaleur d’une maison, la présence de ceux que vous aimez.

Merci d’avoir cheminé dans ce calendrier. Merci d’avoir regardé, essayé, ressenti. Merci d’avoir laissé la photographie devenir un espace de joie et de mémoire.

Ce soir, la dernière fenêtre se referme… mais vos images, elles, continueront de veiller.

23 décembre, 2025

J-2 : Apprendre la photographie pour vraiment progresser

On peut aimer la photographie depuis longtemps, déclencher souvent, accumuler des images… et pourtant sentir qu’on tourne un peu en rond. C’est normal. La photographie n’est pas seulement une affaire de matériel ou d’instinct : c’est un langage. Et comme tout langage, il s’apprend beaucoup, se partage passionnément et se pratique à la folie !

Participer à un atelier — comme ceux proposés à Yerres Loisirs — change profondément la manière de regarder et de créer. Non pas parce qu’on y « formate » les gens, mais parce qu’on y ouvre des portes. On y découvre des gestes simples qui transforment une image, des notions qui éclairent enfin ce que l’on pressentait, des astuces qui libèrent, et surtout… un espace où l’on progresse ensemble.

On croit souvent que la technique bride la créativité. C’est l’inverse. Comprendre la lumière, la mise au point, la vitesse, la composition, ce n’est pas se contraindre : c’est gagner en liberté. C’est pouvoir choisir, plutôt que subir. C’est donner à ses images l’intention qu’on porte en soi.

Dans un atelier, chacun arrive avec son histoire, son œil, ses hésitations. Et c’est cette diversité qui fait grandir. On observe les images des autres, on s’inspire, on ose poser des questions, on découvre des chemins auxquels on n’aurait jamais pensé seul. La progression devient collective, bienveillante, vivante.

Il n’y a pas de « bons » ou de « mauvais » photographes. Il y a des personnes qui avancent, qui expérimentent, qui se laissent surprendre. Se former, c’est accepter d’être en mouvement. C’est se donner la possibilité de dépasser ses habitudes, de révéler ce que l’on n’osait pas encore montrer.

Les ateliers de Yerres Loisirs - faut bien se faire un peu de pub ! - offrent un cadre simple, convivial, où l’on apprend sans pression. On y explore la technique, mais aussi le plaisir du regard, la narration, la sensorialité. On y rit, on y tâtonne, on y réussit, on y recommence. Et petit à petit, on voit ses images changer. On se voit changer....

22 décembre, 2025

J-3 : On ne bouge plus !

Voici un article pas très habituel, un peu décalé…. M’enfin c’est bientôt Noël !

On parle toujours des grands photographes, de leurs objectifs, de leurs réglages… mais jamais de celui qui fait tout le boulot sans broncher : le trépied. Oui, ce machin à trois pattes qui prend toute la place dans le salon et qu’on trébuche dessus une fois sur deux. Le pauvre. Trois jambes, zéro reconnaissance.

Parce qu’entre le café du matin, le froid de décembre et l’excitation de photographier les guirlandes, nos mains ne sont pas toujours d’une stabilité olympique. Le trépied, lui, ne tremble jamais, encore faut-il savoir le positionner… Et je sais de quoi je cause !

Entre les enfants surexcités, le chat qui grimpe dans le sapin et la guirlande qui clignote comme si elle avait bu trop de vin chaud, il n’y a qu’un être stable dans cette maison : le trépied. Lui, il reste droit. Fier. Impassible. Même quand la boule de Noël tombe pour la 4ème fois.

Vous voulez refaire exactement la même photo, mais en mieux, mais en différent, mais en pareil, mais en plus lumineux ? Le trépied dit oui. Toujours oui. Il ne juge pas vos 250 essais, oui, je sais, c’est beaucoup pour au final n’en garder que très peu.... Le trépied ne soupire pas. Il ne s’impatiente pas. Il reste là, stoïque, fidèle comme un vieux chien… mais en aluminium.

Filés lumineux, autoportraits où vous ne courez plus pour rejoindre le cadre, photos de nuit sans ressembler à un fantôme flou… Le trépied adore vos expériences. Plus c’est bizarre, plus il est content. Il est né pour ça.

Avec lui, on ralentit. On respire. On cadre. On recadre. On re‑recadre. Bref, on devient soudain très sérieux… alors qu’on est juste en train de photographier une boule de Noël.

Alors, un peu de respect pour l’artiste. N’oublions pas qu’il est le seul invité qui ne mange pas les petits fours !

21 décembre, 2025

J-4 : Macro ou proxy, comprendre enfin la différence

La débutante que j’étais a longtemps confondu « macrophoto » et « proxyphoto ». Avec le temps, j’ai appris à distinguer ces deux pratiques qui, bien que proches, répondent à des logiques très différentes.

La macro consiste à photographier de très petits sujets — insectes, fleurs, textures — avec un rapport de reproduction d’au moins 1:1. À ce niveau de grossissement, on révèle des détails invisibles à l’œil nu. La profondeur de champ devient extrêmement réduite, ce qui rend la discipline exigeante : elle nécessite des objectifs spécifiquement conçus pour la macro ou des accessoires dédiés (bagues allonge, bonnettes, soufflets).

La proxyphoto, elle, correspond à une prise de vue rapprochée, mais avec un rapport de reproduction inférieur à 1:1 (souvent entre 1:10 et 1:2). Elle permet de photographier des sujets de taille moyenne — une fleur entière, un papillon, un objet, un détail architectural — avec une profondeur de champ plus confortable et une gestion plus simple. Elle peut être réalisée avec des objectifs standards ou des zooms offrant une bonne distance minimale de mise au point.

Si l’on résume, je dirai que la « macro » permet de montrer l’invisible, le « minuscule », tant que la « proxy » met en valeur un sujet dans son ensemble. Et la « macro » est beaucoup plus exigeante en matière de lumière et de profondeur de champ.

La distinction entre macro et proxy n’est pas qu’une question d’objectif en soi, mais bien une question de rapport de reproductionniveau de grossissement - et de distance de prise de vue.

Un détail qui n’en est pas un : le trépied devient vite indispensable, surtout en macro où la moindre vibration se voit.

*

Pour en savoir plus :

Macrophotographie et proxi : la différence - FRANÇOISE CARUSO PHOTOGRAPHIE

Proxi ou Macrophotographie ? – Emotions numériques

10 meilleurs objectifs pour macrophotographie d'décembre 2025

Objectif Macro en 2025 - Lequel choisir et comment ? Le guide !

Mes focales préférées pour la proxi-photographie - PhotoKlub

20 décembre, 2025

J-5 : Sublimer sans trahir, la retouche révèle l’essentiel

Retoucher une image, ce n’est pas la transformer en autre chose. C’est écouter ce qu’elle murmure déjà, puis l’aider à parler plus clairement. La retouche n’invente pas : elle révèle.

Et bien souvent, elle est tout simplement indispensable.

Dans la pratique, tous les photographes retouchent leurs photos, plus ou moins « photoshopées ». Qu’ils utilisent Lightroom, Darktable, Gimp ou d’autres outils, chacun passe par cette étape indispensable : redresser une image, éclaircir une scène un peu timide, raviver des couleurs que le capteur a ternies, équilibrer les contrastes pour retrouver la sensation du moment. Ces gestes ne trahissent rien : ils restituent ce que l’œil avait perçu.

Sublimer sans trahir, c’est choisir la justesse plutôt que l’effet. C’est respecter la scène, le geste, la lumière, l’intention du photographe. C’est affiner, équilibrer, harmoniser — comme on ajuste une phrase pour qu’elle chante juste.

La retouche devient alors un geste de fidélité : un moyen d’honorer l’instant capturé, de lui offrir sa meilleure version, sans jamais lui voler son âme.

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Pour en savoir plus :

Petite_histoire_retouche_photo.pdf

La retouche, une pratique à la limite du processus photographique(Grande-Bretagne et France, 1850-1875) - Persée

De l’argentique au numérique : l’histoire de la retouche photo - Simatai

19 décembre, 2025

J-6 : Le smartphone, un outil discret pour saisir l’instant

Certains photographes froncent les sourcils lorsqu’on évoque la photographie au smartphone. Pour eux, ce n’est pas « de la vraie photo », comme si l’appareil devait obligatoirement être lourd, bardé de réglages complexes et accompagné d’un sac rempli d’objectifs. Pourtant, réduire la photographie à une question de matériel, c’est oublier l’essentiel : le plaisir de regarder, de saisir, de partager.

Le smartphone, discret compagnon du quotidien, permet de capturer un sourire, une lumière fugace, un détail qui nous touche. Il est là, toujours disponible, sans contrainte. Bien sûr, il ne remplace pas un boîtier professionnel pour certains usages, mais il ouvre la porte à une pratique libre et spontanée.

Tout le monde n’a pas la possibilité – ni l’envie – d’investir dans un nouvel appareil. Et faut-il vraiment attendre d’avoir « le bon matériel » pour oser photographier ? La photographie n’est pas une compétition d’équipement : c’est une manière de raconter, de garder trace, de se faire plaisir.

Pour ma part, j’utilise le smartphone surtout pour des photos de loisirs, rapides, pour saisir l’instant présent, sans préparation, ou bien comme outil de repérage. En revanche, lorsqu’il s’agit d’imprimer, la profusion de pixels peut parfois nuire à la qualité finale...

Alors oui, le smartphone n’est peut-être pas « l’appareil idéal » aux yeux de certains. Mais il est un outil précieux pour apprendre à voir, pour s’émerveiller, pour partager. Et c’est bien cela, au fond, qui fait la force de la photographie : la joie de saisir l’instant, peu importe l’objet que l’on tient entre ses mains.

Et en cette période de fin d’année – et de fête des enfants ! – les smartphones vont chauffer !

18 décembre, 2025

J-7 : Trouver son style en photographie, un chemin d’exploration

Beaucoup de photographes expliquent qu’il est important de trouver son style, car il devient une véritable signature visuelle, le reflet de notre personnalité et de notre sensibilité. Mais lorsqu’on débute, il n’est pas nécessaire de se mettre cette pression : l’essentiel est d’explorer, de tester, et de découvrir peu à peu ce qui nous correspond. Peut-être avez-vous déjà remarqué que vous êtes plus à l’aise dans certains univers — portraits, scènes de rue, ou, comme moi, la photographie « nature ».

Dans ce cheminement, il est précieux de regarder le travail d’autres photographes. Non pas pour les imiter, mais pour s’inspirer de leur regard, comprendre leurs choix de cadrage, de lumière ou de narration. Chaque image rencontrée devient une invitation à réfléchir à ce que nous aimons, à ce que nous voulons transmettre, et à ce que nous voulons éviter. Observer ces démarches variées nous aide à affiner notre propre sensibilité et à trouver peu à peu la voix visuelle qui nous ressemble.

Travailler son style est un processus continu qui nourrit notre créativité et nous pousse à expérimenter. Voilà, le mot est lâché : EX-PE-RI-MEN-TER.

Expérimenter, c’est observer et s’essayer à différents styles : la photographie humaniste comme celle de Cartier-Bresson, de Doisneau ou encore Ronis, la photo de portrait comme Hartcourt, la photo de rue comme celle de Garry Winogrand ou de Vivian Maier, et bien d’autres encore….. (ici)

Portraitiste minimaliste, maître du noir et blanc ou bien encore style provocateur et glamour, chaque style traduit une vision du monde, des émotions et une manière unique de raconter une histoire ; c’est un peu « l’oeil et l’empreinte ».

Inutile d’être un photographe emblématique tel que Atget, Geddes, ou bien Adams… de toute façon -dirai-je avec humour ! – la place est déjà prise !!

Que vous soyez humaniste en racontant la vie avec tendresse, documentaire pour transmettre la mémoire, poétique en créant des univers sensoriels, portraitiste pour révéler l’identité ou la « sensibilité » ou bien encore « street » pour capter l’énergie du quotidien, il y a forcément un style qui vous correspond….. Expérimentez !

17 décembre, 2025

J-8 : La mémoire, photo comme trace, comme archive sensible

Empreinte du réel et authentique, la photographie arrête ce qui est voué à s’effacer : un sourire, une lumière, une ambiance ; elle devient une mémoire vivante, une trace qui relie le passé au présent et qui porte une charge sensible. Chaque cliché fixe un instant qui, sans lui, disparaîtrait.

Et même si elle peut être mise en scène, la photographie conserve toujours une part de vérité du moment. Elle est une « archive du sensible » ; albums, portraits, photos de fêtes deviennent des archives affectives qui racontent une histoire intime, une mémoire familiale.

Contrairement à un texte, une photo touche immédiatement par sa force visuelle et sensorielle ; elle permet de partager une expérience vécue, en créant un pont entre générations. Elle peut aussi associer une image à une odeur, un son ou un souvenir pour enrichir la mémoire sensorielle.

La photographie ne se contente pas de conserver, elle réactive l’émotion et donne chair à la mémoire ; elle transforme de simples clichés du quotidien en petites « archives » qui racontent la vie ordinaire avec tendresse et émotion.

En généalogie, par exemple, on peut utiliser des photos anciennes comme déclencheurs de récits (familiaux, patrimoniaux). Comme cette photographie ci-contre, vieille de plus de soixante ans….

Il est aisé de la faire « parler »….

La photographie est en noir et blanc, avec des bords festonnés typiques des tirages anciens, ce qui lui confère une aura nostalgique ; elle montre un homme et une enfant, debout près d’une côte rocheuse, probablement en bord de mer. L’homme, vêtu d’un pantalon taille haute, d’une chemise à manches courtes et de chaussures claires – des espadrilles sans doute - tient la main de la fillette. Celle-ci, en robe et chaussures assorties, lève les yeux vers lui avec une expression de confiance et de profonde tendresse. On notera le joli nœud accroché à ses cheveux attachés. Il doit faire très beau.

Le décor naturel — rochers massifs et mer en arrière-plan — contraste avec la chaleur de l’interaction humaine au premier plan. L’image semble capturer un moment suspendu, intime et joyeux, dans un cadre sauvage.

Le geste de la main et le regard échangé suggèrent une relation affective, entre père et fille ; la posture de l’homme, légèrement penché, évoque une forme de protection ou de dialogue ; cette photo est une archive sensible, un fragment de vie qui raconte une époque, une relation, une ambiance : un père qui sourit à son enfant, et cette petite fille terriblement attirée vers cette figure emblématique et adorée.

Cette image est une archive sensible : elle ne dit pas tout, mais elle suggère. Elle ne raconte pas une histoire précise, mais elle en contient mille possibles : le bruit des vagues, l’odeur de l’iode, la chaleur d’une main dans une autre, cet échange de regard, de paroles peut-être… autant de fragments sensoriels que chacun peut réactiver à sa manière.

La photo est posée sur un fond moderne à rayures rouges et blanches, avec un ruban décoratif. Cela suggère qu’elle a été intégrée dans un carnet de mémoire, comme une trace précieuse mise en valeur. Ce contraste entre le passé photographié et le présent du support crée une double temporalité : celle du souvenir et celle de la transmission. 

15 décembre, 2025

J-9 : La photo de rue, saisir l’instant, le quotidien, l’humain

La photographie de rue est une école du regard. Elle nous apprend à voir ce que d’ordinaire nous traversons sans y prêter attention : un geste furtif, une silhouette pressée, un sourire échangé au détour d’un carrefour. Dans le flux du quotidien, elle arrête le temps et transforme l’éphémère en mémoire.

C’est l’art de capter l’inattendu, de donner une dignité aux scènes les plus banales : un enfant qui pédale sur son vélo, une vieille dame qui ajuste son chapeau, un couple qui se dispute à voix basse. Chaque image devient un fragment d’humanité, une petite histoire qui se raconte sans mots.

En saisissant l’instant, le photographe de rue devient passeur : il offre au monde la poésie du quotidien, il révèle la beauté cachée dans l’ordinaire.

Mais pour moi, c’est un genre qui me touche moins. Je reconnais sa force, sa capacité à immortaliser l’instant et à donner une voix aux anonymes, mais mon regard se tourne ailleurs. Ce qui m’émerveille, ce n’est pas la foule ni le bitume, mais la respiration de la nature.

Je préfère les grands espaces, le chant des oiseaux au lever du jour, l’odeur de la terre après la pluie. Là où la photo de rue saisit l’humain dans son quotidien, ma photographie cherche la rencontre avec le vivant, la lumière qui glisse sur une feuille, le souffle du vent dans les arbres.

Ainsi, si la photo de rue est une école de l’instant où le vivant fourmille, la nature est pour moi une école des sensations ; elle m’invite à ralentir, à écouter, à respirer. C’est là que mon appareil trouve sa place, dans le silence habité des paysages, plutôt que dans le tumulte des rues.

J-10 : Épurer ou saturer l’image pour créer une intention

Nous avons bien compris qu’en photographie, il est indispensable de choisir son sujet. Oui, mais dans quel cadre, quelle ambiance, quel environnement ?

La photographie est un langage visuel où chaque choix de composition traduit une intention. Entre minimalisme et foisonnement, le photographe décide s’il veut épurer l’image pour mettre en valeur l’essentiel, ou au contraire saturer le cadre pour plonger le spectateur dans une profusion de détails.

Le minimalisme est l’art de l’épure ; il réduit les éléments présents dans l’image pour ne garder que l’essentiel. L’effet souhaité est la clarté, le silence, la respiration. Il invite à la sérénité, la contemplation, la poésie même.
Prenez par exemple un horizon nu avec un seul arbre, une silhouette isolée dans un espace vide ; votre regard sera porté vers ce sujet unique pour créer une émotion.
A l’inverse, le foisonnement est l’art de la profusion ; le cadre est remplit de détails, de textures, de couleurs. L’effet recherché est la richesse, la densité, l’énergie, ce qui engendre une ambiance intense. Un marché animé, une foule en mouvement, raconte chacun la complexité d’une scène, transmettant une impression d’abondance et de vie.

Au photographe de choisir son histoire ; il n’y a pas de bonne ou de mauvaise photo, l’essentiel est de faire passer un message : le minimalisme met en valeur le sujet par le vide, tandis que le foisonnement invite à la mémoire des détails.

14 décembre, 2025

J-11 : L’IA est un outil, pas un regard

La crainte de l'Intelligence Artificielle (IA) est permanente ; autour de moi, les gens expriment à la fois leur anxiété et leur étonnement, leurs craintes et leurs retenues.

Faut-il avoir vraiment peur de l’IA …..

L’IA a fait des progrès spectaculaires dans la génération d'images, au point de créer des « photographies » - des images hyper-réalistes générées numériquement - qui sont souvent impossibles à distinguer d'une photo réelle.

Pour ma part, je reste persuadée que l’IA ne peut remplacer notre cerveau pour faire des photos, mais elle peut compléter et transformer notre manière de photographier.

Notre cerveau voit en 3D, adapte la vision à la lumière, et ajoute une dimension émotionnelle ; il relie la scène à nos souvenirs, nos émotions, notre culture.

L’IA, quant à elle, peut optimiser la lumière, la netteté, la composition ; elle propose des cadrages, des styles, des filtres ; elle peut également corriger la balance des blancs, la réduction du bruit… des tâches que notre œil et notre cerveau font naturellement.

Toutefois, l'IA ne peut pas (pour l'instant ! ) remplacer complètement le cerveau humain dans le processus de création photographique, car la photographie va au-delà de la simple production d'une image réaliste.

L’IA générative ne voit pas et ne rêve pas ; elle fonctionne par algorithmes entraînés sur des millions d’images existantes. Quand on lui demande de créer une photographie, elle combine et réassemble des motifs, des textures, des couleurs, pour produire une image nouvelle ; ce n’est donc pas une invention au sens humain du terme, mais une synthèse statistique : elle calcule ce qui « ressemble » à ce qu’on lui demande.

Par contre, l’humain ne se contente pas de combiner des données. Il projette une émotion, une mémoire, une intention. L’imaginaire humain est lié à l’expérience vécue, aux sensations, aux désirs, aux rêves. Quand je crée une photo, je ne fais pas qu’assembler des pixels : je raconte une histoire qui vient de moi ; certes, elle est loin d’être parfaite, mais comme dirait la « pub », c’est moi qui l’ai faite ! (ici)

L’IA produit des images plausibles, calculées, issues de ses bases d’apprentissage, tandis que l’humain invente à partir de son vécu, de son imaginaire, de son émotion.

Alors, pourquoi avoir peur de l’IA, voire la rejeter ?

Refuser les nouvelles technologies, c’est un peu comme rester sur le quai d’une gare. Le train passe, les wagons s’éloignent, et l’on se retrouve immobile, à regarder le monde avancer, mais sans nous.

Beaucoup hésitent devant l’informatique, l’intelligence artificielle. Par crainte de perdre leurs repères, ils préfèrent ignorer ces outils. Mais tôt ou tard, ils découvrent qu’ils ne peuvent plus participer pleinement : ils sont restés sur le quai. Quelquefois, ils arrivent à prendre le train en marche...

Apprivoiser une technologie, c’est accepter de monter dans le wagon. On se laisse porter, on observe, on apprend. Même sans tout comprendre au début, on avance déjà.

Avec le temps, on peut même accéder à la cabine de conduite. On ne subit plus la technologie : on la maîtrise. On choisit la direction, on utilise l’IA ou l’informatique comme des alliés pour enrichir notre créativité, notre travail, notre quotidien.

L’IA et les nouvelles technologies ne sont pas des menaces, mais des trains qui nous invitent au voyage. Rester sur le quai, c’est se priver d’opportunités. Monter à bord, c’est apprendre, progresser, et parfois même prendre les commandes !

Le photographe n’a aucune crainte à avoir de l’IA : son regard est unique, ses photos portent son histoire, sa sensibilité, son vécu ; il accompagne, conseille, crée une relation avec son sujet. L’IA ne peut pas remplacer cette dimension humaine. Si l’IA assemble rapidement un grand nombre de données, elle ne ressent aucune émotion, elle ne crée pas de mémoire.

Alors, oui, j’affirme que l’IA - aussi génial soit-elle - n’est quun outil, pas un regard. La magie de la photo reste dans l’œil et l’émotion du photographe

Un artiste transmet, échange, partage une profondeur émotionnelle ; l’IA reste un outil, sans humanité.

13 décembre, 2025

J-12 : Photographier, c’est traduire, pas copier !

Je me demande souvent pourquoi l’image qui sort de mon boîtier ne correspond pas fidèlement à ce que mes yeux voient ; je trouve ma photo « moins belle » car elle ne restitue ni l’émotion ni la richesse de ma perception. J’ai donc fait quelques recherches….. Et j’avoue que si j’avais été plus attentive à l’école, je ne me poserais pas cette question, à la réponse si évidente.

La photo diffère de ce que mes yeux perçoivent parce que l’œil humain et l’appareil photo n’ont pas du tout la même manière de capter la lumière, les couleurs et la dynamique. Mon œil est un système vivant, adaptatif et sélectif, alors que l’appareil enregistre mécaniquement une portion « pétrifiée » de la réalité. Nous sommes bien d’accord : nous seuls décidons des paramètres de notre appareil….

Le cristallin et la pupille de l’œil humain se modifient en continu pour s’ajuster à la lumière et à la distance. L’appareil photo, lui, reste figé sur les réglages choisis.

L’œil humain perçoit simultanément les zones très claires et très sombres grâce à la rétine et au cerveau qui fusionnent les informations. Un capteur photo a une dynamique limitée ; aussi intelligent que soit notre appareil, il ne peut en aucun cas remplacer le cerveau (du moins pas encore aujourd’hui ! )

L’œil ne se contente pas de recevoir des longueurs d’onde, il interprète les couleurs selon le contexte, votre mémoire et vos émotions, et en particulier celles du moment présent. L’appareil, lui, enregistre des données brutes, sans cette subjectivité.

En gros, mon cerveau filtre ce qui est important, embellit ou corrige certains détails tandis que l’appareil reste impartial : il montre aussi ce que je n’avais pas remarqué ou ce que j’aurais préféré ignorer. Pensez par exemple à cette poubelle dans le coin gauche de votre photo et que, de prime abord, vous n’aviez pas remarqué !

Car l’œil voit en 3D… l’appareil en 2D : une notion loin d’être subtile ! Nos deux yeux créent une image stéréoscopique et notre cerveau reconstruit la profondeur et le mouvement ; la photo fige une seule perspective en deux dimensions.

En cours d’optique – qui sont fort fort loin ! – j’avais bien appris que nos deux yeux, légèrement espacés, captaient chacun une image différente ; le cerveau les fusionne pour créer cette perception de profondeur ; ainsi je suis en capacité de ressentir intuitivement les volumes, les distances entre les objets, et même leur texture. Si mon regard bouge je perçois alors l’environnement dans son ensemble, avec des repères sensoriels et émotionnels.

La photographie ne peut être une copie de la réalité, mais une interprétation. Elle traduit un instant T selon les limites techniques de l’appareil et le choix du photographe, autant que faire ce peut....

Et pour se rapprocher de la vision humaine, il faudra jouer sur l’exposition, la balance des blancs, et connaître « un peu » la retouche. En jouant sur l’ouverture, il est possible de créer des flous d’arrière-plan qui donnent du relief ; en se plaçant dans un angle, on accentue les lignes de fuite ; il faut penser ombres, reflets, contre-jour pour donner une sensation de volume. Et surtout : bien maîtriser son appareil...

Notre œil est un instrument vivant et sensible, alors que notre appareil est un outil technique. La magie vient justement de ce décalage : la photo ne reproduit pas notre regard, elle le transforme.

12 décembre, 2025

J-13 : La balance des blancs : entre fidélité des couleurs et magie des ambiances

La photographie n’est pas seulement une affaire de cadrage ou de netteté : elle est aussi une question de lumière et de perception. La balance des blancs (WB) est l’outil qui permet de corriger ou de modeler les dominantes de couleur d’une image. Elle agit comme un filtre invisible qui ajuste la température de couleur de la scène, exprimée en Kelvin, allant des tons chauds orangés (2 000–3 500 Kelvin) aux tons froids bleutés (6 000–10 000 Kelvin).

Nos yeux s’adaptent naturellement : une feuille blanche paraît blanche sous une lampe jaune ou sous un ciel d’hiver. L’appareil photo, lui, a besoin d’être guidé pour neutraliser ces dominantes. Mais ce réglage n’est pas seulement une correction technique : c’est un véritable outil narratif.

Une dominante chaude (orangée/rouge) évoque la convivialité, l’intimité, la nostalgie ; c’est la chaleur d’une bougie, la douceur d’un coucher de soleil.

Une dominante froide (bleue/verte) installe une atmosphère calme, distante, parfois mélancolique ; elle rappelle l’aube glacée, l’hiver ou une lumière artificielle froide.

Une dominante neutre (équilibrée) restitue fidèlement les couleurs, idéale pour la photographie documentaire, les reproductions d’œuvres ou les archives.

Des dominantes créatives (volontaires) permettent d’accentuer un jaune pour une ambiance vintage, tirer vers le cyan pour une atmosphère futuriste, ou jouer sur les contrastes pour dynamiser la scène.

Pour en savoir plus :

Balance des blancs - la comprendre et l'apprivoiser

LA BALANCE DES BLANCS EN PHOTO: la comprendre et la maîtriser